On nous demande souvent pourquoi nos collections s'appellent des leçons, et pourquoi elles sont numérotées. La réponse tient en une phrase : parce qu'un programme n'est pas un catalogue.
Un catalogue s'étend. Il ajoute, il décline, il remplit. Sa logique est celle de l'abondance : plus il y a de références, mieux c'est. Un programme, lui, avance. Chaque leçon suppose la précédente et prépare la suivante. Sa logique est celle de la progression : ce qui compte n'est pas combien, mais dans quel ordre, et pourquoi.
La Leçon 001 s'appelait Diaspora. Il fallait commencer par là : par le mot qui dit à la fois la dispersion et le lien, la perte et l'invention. Avant de parler d'esthétique, de coupe ou de coton, il fallait nommer d'où l'on parle. C'est le rôle d'une première leçon dans n'importe quel cours : poser les définitions.
La numérotation a une autre conséquence, plus exigeante pour nous : elle rend l'ordre irréversible. On ne peut pas rééditer la Leçon 001, comme on ne peut pas redonner un cours déjà donné — on peut seulement le citer. Ceux qui portent une leçon portent donc un moment précis du programme, daté et clos. C'est cela, pour nous, le luxe : non pas le prix, mais l'irréversibilité.
Enfin, numéroter, c'est promettre. Dire « 001 », c'est s'engager à ce qu'il y ait un 002, un 003, un 010. C'est accepter d'être jugé non sur un coup, mais sur une œuvre. Les marques font des drops ; les institutions font des programmes. Nous avons choisi notre camp.
La Leçon 002 est en cours. La suivante est déjà à l'étude.


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