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Pourquoi Paris

On aurait pu naître à Lagos, à Dakar, à New York. African College est né à Paris — et ce n'est pas un hasard géographique, c'est une filiation.

Paris est, depuis un siècle, l'un des amphithéâtres de la pensée noire. C'est ici qu'en 1947 Alioune Diop fonde Présence Africaine, la revue puis la maison d'édition qui donnera une adresse à toute une génération d'écrivains — et dont la librairie, rue des Écoles, tient toujours. C'est ici qu'en 1956, à la Sorbonne, se réunit le premier Congrès international des écrivains et artistes noirs : Césaire, Senghor, Fanon, James Baldwin dans la salle — un campus mondial tenu dans un amphithéâtre parisien.

Cette histoire a une leçon : Paris n'a jamais été pour la diaspora un simple décor, mais un outil. On y venait chercher les salles, les imprimeries, les tribunes — et on s'en servait pour penser l'Afrique et ses mondes. La ville appartenait à ceux qui savaient s'en servir.

African College s'inscrit dans cette lignée avec les outils de son époque. Notre imprimerie est à la demande, notre revue s'appelle le Journal, notre amphithéâtre n'a pas de murs — mais le geste est le même : faire de Paris une salle de classe pour la diaspora, et non une vitrine. Nos premiers événements s'y tiendront, dans des librairies et des lieux associatifs, là où cette histoire a toujours vécu.

Paris, MMXXIV : la porte de l'amphithéâtre est ouverte.

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